Des mots et des vies (poésie contemporai à genève
7.00 CHF
1907 genève
Geneve
Description
Livre neuf papier et Ebook ici :
http://www.thebookedition.com/des-mots-et-des-vies-patricia-lepetit-p-97713.html
Extrait :
Le temps qui passe
Elle regarde le temps qui passe,
creuse des sillons sur sa face.
Il ne l' épargne pas, l'écrase de sa cruauté
titille sa souffrance jusqu'à la voir se noyer
de larmes sur la peau, elle passe
ses doigts sur sa bouche rougeasse...
Le temps qui passe ne peux s'arrêter,
le temps qui passe, elle seule peut le stopper.
Elle ne changera pas sa face,
coups de bistouris ça casse
le soi, le moi, c'est sûrement pas ça la beauté !
C'est juste vanité, illusion d'éternité.
Ne la kiffe plus ? Qu'il se casse,
qu'il embrasse plus belle jeune face.
Le temps qui passe ne peux s'arrêter,
le temps qui passe, elle sait l'apprivoiser.
Joue sa vie à pile ou face,
narguant la mort, elle se lasse
de la vie, d'un monde que Dieu a abandonné.
Tout n'est qu'apparence, tendances débiles destinées
à fondre les âmes dans une masse
de brebis soumises, bonasses !
Le temps qui passe ne peux s'arrêter,
le temps qui passe, elle adore le narguer.
Attend que son ombre trépasse,
d'ici là des hommes la masse,
la bercent de plaisirs que nulle n'oserait avouer,
c'est toujours ça de pris, l'amour elle l'a jeté.
La vie, comme elle est fugace !
Pour certains de chance ou poisse.
Le temps qui passe ne peux s'arrêter,
le temps qui passe, elle sait s'en amuser.
************
Le miroir magique
Ce matin, dans le grenier d'une maison abandonnée
j'ai trouvé un miroir magique.
J'ai hésité, ne sachant si je pouvais l'emmener,
personne ne m'a vue, je le pique !
Miroir magique, dis-moi... ?
Dis-moi quoi ?
Je ne sais quelle question je vais pouvoir lui poser?
Est écrit sur le miroir : trois questions autorisées.
Sur mon bras se pose un moustique.
Voulant l'écraser, je tape disant: tu vas t'en aller ?
D'aucuns trouveraient ça drolatique.
Miroir magique dit ça :
Il dit quoi ?
Le moustique s'en est allé, car tu l'as écrasé !
J'arrive chez moi, je pose le miroir sur le canapé..
Je suis d'humeur lyrique.
La musique à fond, la Lady rythme. Le chat affamé
miaule. T'as encore faim ? C'est typique !
Miroir magique dit ça :
Il dit quoi ?
Ton chat il a faim, il faut lui donner à manger.
Oh non ! Je suis la reine des pommes, deux questions de gâchées.
Ça devient franchement ironique !
Mon reflet embrase ma joie factice, je sombre, affamée
d'un souhait de bonheur utopique.
Miroir magique dit quoi ?
Il dit ça :
Ton âme a froid... Il s'est brisé.
Ce matin, dans le grenier d'une maison abandonnée
j'ai trouvé un miroir magique.
J'ai hésité, je savais que je devais le laisser.
Ma mélancolie fut toxique.
Miroir, dis, pardonne-moi !
Je lui dois
une place de roi sur mon mur où il repose en paix.
************
Homo.
Il marche seul dans la ville
sa vie dans son sac à dos,
il ressasse les mots assassins criés par son père,
sa mère n'osant s'interposer.
Tout ça n'est pas facile,
quand on devient un fardeau
pour sa famille qui n'est qu' apparences et ne tolère
une façon différente d'aimer.
Rejeté et renié,
mais pas anéanti.
Rejeté et renié,
tout ça n'est qu'ineptie.
Elle aussi pleure l'exil,
son coming out s'en est trop
pour ses parents pour qui elle est morte, comme au cimetière !
Pourquoi tant d'animosité ?
Aimer une autre fille
est un amour aussi beau...
Pourquoi faut-il que leur peur, leur colère la lacère,
la condamne? elle se sent jugée.
Rejetée et reniée,
mais pas anéantie.
Rejetée et reniée,
et pourtant elle sourit.
La haine est infertile
c'est pas une tare d'être homo.
Laisse-le aimer son pareil. Cette âme gay, c'est ta chaire.
La haine des autres foulée aux pieds,
acceptant qu'il plus il
ou qu'elle plus elle dansent leur slow.
L'amour, hétéro, gay se valse à deux et tolère
la différence sans s'offenser.
Rejetés plus jamais.
La haine on en fait fi.
Reniés ça, plus jamais.
On sait qu'on a qu'une vie.
************
Hors du temps
Elle vit hors du temps, hors des vents, hors de nous
dans un monde parallèle à celui des penseurs.
Elle ne partage rien avec eux, avec nous,
ils ne veulent rien comprendre aux battements de son cœur,
empoisonnant son corps de toxiques de fous
se fichant de la voir peu à peu qui se meurt.
Les silhouettes blanches lui parlent,
mais n'écoutent pas, n'entendent pas.
Les silhouettes blanches lui parlent,
insensibles ne se troublent pas.
Dans sa bulle de douce solitude, calfeutrée,
elle se mure, pareille à un animal planqué,
sonde les orgueilleux cloués sur piédestal
son cas les aurait fait entrer dans les annales.
Mais voilà, leur esprit était trop fermé
dans la normalité elle n'est jamais entrée.
Les silhouettes blanches lui parlent,
mais n'écoutent pas, n'entendent pas.
Les silhouettes blanches lui parlent,
insensibles ne se troublent pas.
Les ans interminables sans levée d'écrou
s'écoulent comme le goutte-à-goutte de son âme draineur,
parmi les zarbis elle referme le verrou
ne livrant à personne le chagrin de son cœur.
En boule non loin le corps frêle s'éloigne de nous,
se referme à jamais dans les limbes de torpeur.
Les silhouettes blanches lui parlent,
mais n'écoutent pas, n'entendent pas.
Les silhouettes blanches lui parlent,
insensibles ne se troublent pas.
Un jour un visiteur, un homme du passé
vint en visite, eux ne savaient qui il était.
Ils dirent que c'était une visite amicale
mais le coup porté au cœur allait être fatal.
Les hommes en blanc avaient laissé, comme livré
la fluette au bourreau qui l'avait consumée.
Les silhouettes blanches lui parlent,
mais n'écoutent pas, n'entendent pas.
Les silhouettes blanches lui parlent,
insensibles ne se troublent pas.
************
Il neige
Ce soir il neige et personne ne sait.
Ce soir il neige et tout le monde passe devant.
Recouverte du linceul de flocons,
étourdie par le froid elle a dit non.
Non pour continuer seule, affligée,
non sans force aucune pour continuer.
Il neige, il neige...
Adolescente, lassée des blessures.
Trop seule, trop fragile, trop pleine de cassures.
Ses cris restés sourds au monde de con-
voyeurs de vies de réussite, abscons.
La surdité des hommes mène parfois
les jeunes cœurs au tréfonds du désarroi.
Il neige, il neige...
Ce matin il ne neige plus sur elle.
Ce matin le petit tas blanc mont d’elle.
Dans son sépulcre glacé, anonyme,
elle a rendu le dernier souffle ultime.
Personne ne sait et ils passent, ils passent
De toute façon, que voulez-vous qu’ils fassent ?
Il a neigé, il a neigé...
Le jour passe et la nuit tombe encore.
Un solitaire, une cloche qui vit dehors
s’arrête près du tas de neige salie
pour ôter d’un doigt une bague jolie
et s’en retourne dans l’indifférence.
Cruauté n’a ni âge, classe ou décence.
Il a neigé , il a neigé...
Toi qui passes dans la ville où il neige.
Regarde les tas, les petits monts de neige.
Et s’ils saignent ou crient un morne secret,
arrête toi un instant, intéressé.
La fleur happée par la grande faucheuse
n’a rien d’une rose noire de mort contagieuse.
Il a neigé et neigera encore...
http://www.thebookedition.com/des-mots-et-des-vies-patricia-lepetit-p-97713.html
Extrait :
Le temps qui passe
Elle regarde le temps qui passe,
creuse des sillons sur sa face.
Il ne l' épargne pas, l'écrase de sa cruauté
titille sa souffrance jusqu'à la voir se noyer
de larmes sur la peau, elle passe
ses doigts sur sa bouche rougeasse...
Le temps qui passe ne peux s'arrêter,
le temps qui passe, elle seule peut le stopper.
Elle ne changera pas sa face,
coups de bistouris ça casse
le soi, le moi, c'est sûrement pas ça la beauté !
C'est juste vanité, illusion d'éternité.
Ne la kiffe plus ? Qu'il se casse,
qu'il embrasse plus belle jeune face.
Le temps qui passe ne peux s'arrêter,
le temps qui passe, elle sait l'apprivoiser.
Joue sa vie à pile ou face,
narguant la mort, elle se lasse
de la vie, d'un monde que Dieu a abandonné.
Tout n'est qu'apparence, tendances débiles destinées
à fondre les âmes dans une masse
de brebis soumises, bonasses !
Le temps qui passe ne peux s'arrêter,
le temps qui passe, elle adore le narguer.
Attend que son ombre trépasse,
d'ici là des hommes la masse,
la bercent de plaisirs que nulle n'oserait avouer,
c'est toujours ça de pris, l'amour elle l'a jeté.
La vie, comme elle est fugace !
Pour certains de chance ou poisse.
Le temps qui passe ne peux s'arrêter,
le temps qui passe, elle sait s'en amuser.
************
Le miroir magique
Ce matin, dans le grenier d'une maison abandonnée
j'ai trouvé un miroir magique.
J'ai hésité, ne sachant si je pouvais l'emmener,
personne ne m'a vue, je le pique !
Miroir magique, dis-moi... ?
Dis-moi quoi ?
Je ne sais quelle question je vais pouvoir lui poser?
Est écrit sur le miroir : trois questions autorisées.
Sur mon bras se pose un moustique.
Voulant l'écraser, je tape disant: tu vas t'en aller ?
D'aucuns trouveraient ça drolatique.
Miroir magique dit ça :
Il dit quoi ?
Le moustique s'en est allé, car tu l'as écrasé !
J'arrive chez moi, je pose le miroir sur le canapé..
Je suis d'humeur lyrique.
La musique à fond, la Lady rythme. Le chat affamé
miaule. T'as encore faim ? C'est typique !
Miroir magique dit ça :
Il dit quoi ?
Ton chat il a faim, il faut lui donner à manger.
Oh non ! Je suis la reine des pommes, deux questions de gâchées.
Ça devient franchement ironique !
Mon reflet embrase ma joie factice, je sombre, affamée
d'un souhait de bonheur utopique.
Miroir magique dit quoi ?
Il dit ça :
Ton âme a froid... Il s'est brisé.
Ce matin, dans le grenier d'une maison abandonnée
j'ai trouvé un miroir magique.
J'ai hésité, je savais que je devais le laisser.
Ma mélancolie fut toxique.
Miroir, dis, pardonne-moi !
Je lui dois
une place de roi sur mon mur où il repose en paix.
************
Homo.
Il marche seul dans la ville
sa vie dans son sac à dos,
il ressasse les mots assassins criés par son père,
sa mère n'osant s'interposer.
Tout ça n'est pas facile,
quand on devient un fardeau
pour sa famille qui n'est qu' apparences et ne tolère
une façon différente d'aimer.
Rejeté et renié,
mais pas anéanti.
Rejeté et renié,
tout ça n'est qu'ineptie.
Elle aussi pleure l'exil,
son coming out s'en est trop
pour ses parents pour qui elle est morte, comme au cimetière !
Pourquoi tant d'animosité ?
Aimer une autre fille
est un amour aussi beau...
Pourquoi faut-il que leur peur, leur colère la lacère,
la condamne? elle se sent jugée.
Rejetée et reniée,
mais pas anéantie.
Rejetée et reniée,
et pourtant elle sourit.
La haine est infertile
c'est pas une tare d'être homo.
Laisse-le aimer son pareil. Cette âme gay, c'est ta chaire.
La haine des autres foulée aux pieds,
acceptant qu'il plus il
ou qu'elle plus elle dansent leur slow.
L'amour, hétéro, gay se valse à deux et tolère
la différence sans s'offenser.
Rejetés plus jamais.
La haine on en fait fi.
Reniés ça, plus jamais.
On sait qu'on a qu'une vie.
************
Hors du temps
Elle vit hors du temps, hors des vents, hors de nous
dans un monde parallèle à celui des penseurs.
Elle ne partage rien avec eux, avec nous,
ils ne veulent rien comprendre aux battements de son cœur,
empoisonnant son corps de toxiques de fous
se fichant de la voir peu à peu qui se meurt.
Les silhouettes blanches lui parlent,
mais n'écoutent pas, n'entendent pas.
Les silhouettes blanches lui parlent,
insensibles ne se troublent pas.
Dans sa bulle de douce solitude, calfeutrée,
elle se mure, pareille à un animal planqué,
sonde les orgueilleux cloués sur piédestal
son cas les aurait fait entrer dans les annales.
Mais voilà, leur esprit était trop fermé
dans la normalité elle n'est jamais entrée.
Les silhouettes blanches lui parlent,
mais n'écoutent pas, n'entendent pas.
Les silhouettes blanches lui parlent,
insensibles ne se troublent pas.
Les ans interminables sans levée d'écrou
s'écoulent comme le goutte-à-goutte de son âme draineur,
parmi les zarbis elle referme le verrou
ne livrant à personne le chagrin de son cœur.
En boule non loin le corps frêle s'éloigne de nous,
se referme à jamais dans les limbes de torpeur.
Les silhouettes blanches lui parlent,
mais n'écoutent pas, n'entendent pas.
Les silhouettes blanches lui parlent,
insensibles ne se troublent pas.
Un jour un visiteur, un homme du passé
vint en visite, eux ne savaient qui il était.
Ils dirent que c'était une visite amicale
mais le coup porté au cœur allait être fatal.
Les hommes en blanc avaient laissé, comme livré
la fluette au bourreau qui l'avait consumée.
Les silhouettes blanches lui parlent,
mais n'écoutent pas, n'entendent pas.
Les silhouettes blanches lui parlent,
insensibles ne se troublent pas.
************
Il neige
Ce soir il neige et personne ne sait.
Ce soir il neige et tout le monde passe devant.
Recouverte du linceul de flocons,
étourdie par le froid elle a dit non.
Non pour continuer seule, affligée,
non sans force aucune pour continuer.
Il neige, il neige...
Adolescente, lassée des blessures.
Trop seule, trop fragile, trop pleine de cassures.
Ses cris restés sourds au monde de con-
voyeurs de vies de réussite, abscons.
La surdité des hommes mène parfois
les jeunes cœurs au tréfonds du désarroi.
Il neige, il neige...
Ce matin il ne neige plus sur elle.
Ce matin le petit tas blanc mont d’elle.
Dans son sépulcre glacé, anonyme,
elle a rendu le dernier souffle ultime.
Personne ne sait et ils passent, ils passent
De toute façon, que voulez-vous qu’ils fassent ?
Il a neigé, il a neigé...
Le jour passe et la nuit tombe encore.
Un solitaire, une cloche qui vit dehors
s’arrête près du tas de neige salie
pour ôter d’un doigt une bague jolie
et s’en retourne dans l’indifférence.
Cruauté n’a ni âge, classe ou décence.
Il a neigé , il a neigé...
Toi qui passes dans la ville où il neige.
Regarde les tas, les petits monts de neige.
Et s’ils saignent ou crient un morne secret,
arrête toi un instant, intéressé.
La fleur happée par la grande faucheuse
n’a rien d’une rose noire de mort contagieuse.
Il a neigé et neigera encore...
Détails de l’annonce
Type d'annonce: offre